Lettre ouverte à mon corps 2

Cher Petipotam,

me revoilà, assise à mon clavier, avec l’envie de t’écrire encore. Il y a quelques mois je t’envoyais une lettre enflammée pour de dire mon amour et mon désamour de toi. Je te demandais d’être patient, en te promettant que les choses allaient changer pour moi et la vision que j’ai de toi! Et tu l’as été car, jour après jour, tu m’as écouté, tu as été indulgent et a supporté tous mes états d’âme. Pour ça, je tiens à te remercier.

A un moment, je pensais même t’avoir enfin accepté pour ce que tu étais et que toi et moi, comme le Petit Prince et le renard, on s’était apprivoisé. Quelle jolie histoire alors, nous allions pouvoir vivre ensemble! Je nous y voyais déjà, moi et mon nouveau corps, fraîchement dompté!

Il s’avère que je m’étais trompé. Non, ce n’est pas encore l’amour fou, ni même un amour flou… Je te supporte car je n’ai pas le choix mais en ce moment l’effet est inverse à ce que j’ai toujours voulu.

Je te traque inlassablement dans le miroir de la salle de bain, te trouvant chaque jour un nouveau défaut, une petite boule de graisse ici, un grain de beauté que je n’aime pas là, de la cellulite dans ce coin-ci. N’aurais-tu pas élargi de la culotte de cheval? Celle-la même qui me fait pleurer chaque fois que je la regarde, nue, dans la glace. Pourtant je ne suis pas idiote, je sais que tu t’es délesté de 15 kilos pour moi, que tu as accepté le sport, la course et les efforts, alors qu’il faut le dire, nous détestions ça! Il est normal que tu aies encore quelques imperfections, après tout, nous ne sommes pas mannequin mais une fille lambda!

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Il faut que je te dise, depuis que nous avons atteint ensemble un poids qui nous paraissez idéal, je dois t’avouer quelque chose, cela ne me convient toujours pas.  Je suis devenue psychotique de la balance, le moindre gramme repris met mon moral en berne. Pour toi, je ne me prive jamais de rien, et je ne saute surtout pas de repas, néfaste pour notre équilibre mais je culpabilise sans cesse si je mange trop, trop gras ou trop sucré, car je pense que je te fais du mal.

Malgré tout, je pensais que nous avions trouvé un équilibre de poids et de physique qui faisait que, sans t’aimer complètement, je m’étais finalement habituée à toi.Seulement, lorsque je regarde les rares photos de cet été, j’ai envie de pleurer! JE te trouve difforme et écœurant, ce buste minuscule sur ces jambes de mastodonte!.

Dernièrement, tu as voulu me faire une blague, ou m’avertir du fait que je me relâchais, et à afficher sur la balance des kilos en plus, en trop!

Je sais que ces derniers temps je fais moins attention à ce que je mange, à ce que je fais et que, le mauvais temps et la fatigue obligent, j’ai négligé ton entrainement.  Tu me le fais payer à juste titre. Et, même si, par rapport aux excès, cette prise de poids est infime et surtout justifiée, j’en souffre terriblement.

Petipotam, suis-je tombée dans les diktats du poids? Est-ce que je deviens cette fille obsédée de la balance, qui ne peux supporter le moindre gramme en trop? Suis-je de la même trempe que ces filles qui traquent le moindre bout de gras et ne sont jamais satisfaites, se comparant sans cesse à celles qu’elles ne seront jamais?

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Parce que oui, je te ferais bien perdre encore 3 ou 4 kilos, histoire d’arriver à ce poids idéal que je me suis fixée inconsciemment, alors que tu me prouves depuis des mois que ton poids de forme, celui que l’on a atteint ensemble, te convient parfaitement.  Mais cela serait-il suffisant pour me satisfaire, ou arrivé à ce point changerais-je encore mes objectifs?

Entre toi et moi, et en toute confidence, parfois, je me fais peur. Non pas que je pourrais tombée dans la spirale infernale d’une anorexie ou d’une boulimie car j’aime bien trop manger pour ça. Mais parce que je pense que tu ne me satisfera jamais. Quoi que tu fasses et quoi que tu endures. Parce que même mince, même ferme, je te trouverais toujours un défaut.

Pourtant, tu sais, tu as un allié de taille. Celui qui partage notre vie t’aime d’Amour, et te le dis chaque jour. Toutes les imperfections que je te trouve, lui, en fait des qualités. Lorsque je lui annonce que « c’est la fin du monde, j’ai repris du poids » il rit et me dit que, non seulement ça ne se voit pas, mais qu’en plus c’est passager et rentrera dans l’ordre en quelques jours, juste en arrêtant de manger du chocolat! Lorsque je vais le voir, pinçant ma cuisse de désespoir, « regarde là, toute cette cellulite », il sourit gentiment et me dit « pense simplement à tout ce que tu as perdu avant, ça, ce n’est plus rien »… Il a toujours le bon mot, et même s’il n’arrive pas toujours à me redonner le sourire, il aura toujours le mérite de nous traiter comme une princesse, quelque soit nos défauts! Mais malgré toutes ses phrases réconfortants,  je n’y arrive pas, et je m’en veux énormément.

Je ne trouve pas la clé, la solution pour t’apprécier à ta juste valeur. Je ne te demande pas de la trouver à ma place mais, de nouveau, de patienter.

Alors aujourd’hui, je te prie de m’excuser Petipotam car je ne sais pas si je t’aimerais vraiment un jour. Promis, j’y travaille, mais seras-tu vraiment patient? Attends-moi, s’il te plait et surtout soit indulgent!

A tout de suite,

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Mélanie

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8 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à mon corps 2 »

  1. Mais quelle insatisfaite !!
    Tu as fait un bout de chemin incroyable jusque là ! En tout cas moi je suis fière de toi, car tu as bien changé – que dis-je évoluée !!!

    Bref, ne change rien ❤

  2. Hey Mélanie, je viens de découvrir ton blog grâce à Claudia de Yogapassion. C’est le premier article que je lis de toi après avoir lu ton « A propos de moi ». Je dois dire que je suis assez touchée par ce post. Je ne sais pas tellement quoi te dire car je ne connais encore rien de toi (à part que tu es maladroite donc ça nous fait déjà un point commun :)) mais j’avais malgré tout envie de te mettre quelques mots. S’aimer et s’accepter est probablement le défi le plus difficile à relever pour un être humain. Qu’on se trouve trop grosse, trop maigre, trop méchante, trop bête, trop moche ou trop nulle, on a tous un travail à faire sur nous 🙂 Pour ma part, je commence seulement à y voir plus clair dans tout ça et à m’accepter POUR DE VRAI. Je comprends pourquoi je suis comme ça, sans essayer de me changer. Et ça fait un bien fou, je t’assure. Je n’ai pas la prétention de te donner des conseils, mais je pense qu’écrire sur ce blog peut effectivement d’aider. Comme une sorte de thérapie. Je te souhaite beaucoup de courage et de trouver ta voie. Sur ce, je vais continuer à parcourir tes articles 🙂

    1. Bonjour Emilie,

      Merci beaucoup! Tu pourras constater que j’ai parcouru du chemin depuis ce premier post mais il est en effet difficile de se construire et de savoir qui on est vraiment et ce que l’on veux vraiment faire de sa vie (pour ça je cherche toujours).

      En tout cas, je te souhaite la bienvenue ici, tes commentaires seront toujours lus avec attention et j’essaierai d’y répondre au mieux!

      A très vite,

      Mélanie

  3. Lettre ouverte à mon corps 1 et 2 : un texte que j’aurais pu écrire tant je me retrouve dans ces récits. Il est bien difficile d’apprivoiser un corps qui nous dégoûte mais nous n’avons pas d’autre choix. « Dysmorphophobique » m’a-t-on diagnostiqué, mais je n’y crois pas. Pour moi, c’est un fait : ce physique m’insupporte, et vues d’en-haut, mon ventre et mes cuisses sont difformes et flasques.
    La lutte contre mon moi profond est lancée car le réel problème n’est pas ma silhouette mais l’acceptation de soi.

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